24 mars 2008

Voici une introduction de la logique de l’énergie de Lupasco. D’autres chapitres suivront, bien entendu, cette première partie.

D’un point de vue purement technique je n’ai pu employer les symboles logico-mathématiques, le site ne les reconnaissant pas ; si vous avez une solution merci de me le faire savoir (le passage de word au site me fait disparaître les symboles). Je n’ai pour l’instant que la possibilité de les mettre en format image ou, ce que j’ai fais, en abréviation littérale (ceux qui sont fâchés avec l’abstraction mathématique en seront peut-être ravis).

Expérience et logique

La physique classique concerne des choses qui ne subissent pas de transitions spontanées, c'est-à-dire qui ne sont pas liées à la notion de changement mais à la notion d’identité. Ces choses sont appelées des objets. Ces derniers sont supposés être descriptibles complètement par l’intermédiaire de ce que l’on nomme l’état, qui n’est autre qu’un état d’être. Nous pouvons déjà voir que cette théorie qu’est la physique classique, et qui est le résultat de l’interaction entre une expérience et la pensée, repose sur un à priori de la raison, à savoir la logique classique.

Même si cette démarche est opérationnelle et terriblement efficace à ce niveau d’expérience, il n’en demeure pas moins qu’elle est basée sur des préjugés dictés par cette logique classique, qui sont :

a- le principe d’identité :                       ‘’ p est p ‘’

et que l’on écrit ‘‘symboliquement ‘’      p impl p,   ( impl = implique)

peut s’énoncer de la manière suivante :’’ce qui est, est’’ ou de façon négative  ‘’ ce qui n’est pas, n’est pas’’.

b- le principe de non-contradiction :    ‘’p n’est pas non-p’’

et que l’on écrit ‘‘symboliquement ‘’      non-(p et non-p)

peut s’énoncer de la manière suivante : ‘’il est impossible d’affirmer et de nier en même temps un même prédicat pour un même sujet’’.

A ces deux principes nous pouvons en rajouter un troisième issu des deux premiers, à savoir :

c- le principe du tiers exclu :     ‘’il n’existe pas un troisième terme T                     (tiers inclus) qui est à la fois p et non p’’

et que l’on écrit ‘‘symboliquement ‘’                           non-p ou p

peut s’énoncer de la manière suivante : ‘’toute chose est ou n’est pas’’.

Il en résulte une approche de la réalité foncièrement statique, essayant de décrire ce qui est, basée sur une pensée d’identité.

L’expérience et le principe d’identité :

Mais il n’en est pas du tout de même avec l’expérience micro-physique. Les choses de la physique quantique subissent des transitions spontanées. De ce fait ce ne sont plus des objets mais ce qu’on appelle des quanta. De plus ces derniers ne sont plus descriptibles complètement. Et leur description ne se fait plus sur ce qu’ils sont mais sur ce qu’ils font par rapport à ce que nous faisons nous, expérimentateur, c’est-à-dire sur leur interaction avec nous-mêmes, par l’intermédiaire de ce que l’on appelle un mode qui n’est autre qu’un mode d’action sur le quantum considéré.

Du fait que les quanta changent, évoluent sous l’effet de transitions spontanées, il apparaît que la logique classique basée sur le principe d’identité ne soit plus du tout appropriée pour élaborer une nouvelle théorie physique face à cette expérience de l’infiniment petit. C’est de ce constat, nous semble-t-il, que Stéphane Lupasco est parti pour élaborer sa nouvelle logique :’’ nous remplacerons donc le postulat fondamental d’identité et de non contradiction rigoureuses ou absolues de la logique classique…’’1

Que l’on ne se trompe pas, ce sont bien les deux principes fondamentaux de la logique classique, le principe d’identité et le principe de non contradiction, que Stéphane Lupasco nous propose de relativiser.

En effet le quantum évolue dans le temps. Or toute évolution d’une entité est le fruit d’une combinaison de conservation et de transformation de propriétés préexistantes de cette dite entité (structures, fonctions, etc…). Pour le dire autrement, il nous faut remplacer le principe d’identité de la logique classique par un principe d’évolution, combinaison d’un principe d’identité (conservation) et d’un principe de diversité (transformation).

En termes de symboles logiques nous pourrons écrire :

       principe d’identité :      p impl p   avec impl =implique

principe de diversité :  p excl p   avec excl =exclu

Soit pour le principe d’évolution :

(p impl p) impl (p excl p)

Or, et Lupasco nous le précise, ‘’tout constituant se révèle être de nature énergétique. Expérimentalement, il n’est pas de donnée qui ne soit, d’après la célèbre équivalence de la masse et de l’énergie d’Einstein, un pur état de l’énergie (…). C’est pourquoi aujourd’hui, tout élément (…) est considéré comme un événement énergétique’’2. Et d’énoncer le principe d’antagonisme de toute énergie : ‘’toute énergie (p) possède une énergie antagoniste (non-p), et ces énergies sont telles que l’actualisation de l’une entraîne la potentialisation de l’autre’’3.

Il nous faut donc appliquer aux éléments

(p impl p) impl (p excl p)

les propriétés énergétiques d’actualisation et de potentialisation qui moduleront ainsi les différentes formes que peut prendre ce principe d’évolution.

On obtient alors les expressions suivantes :

(p impl p)A impl (p excl p)P    (1)   

Avec :

A = actualisation

P = potentialisation,

et qui peut se lire: si p s’actualise, alors non-p (son énergie antagoniste) se potentialise

(p impl p)P impl (p excl p)A     (2)

si p se potentialise, alors non-p s’actualise

(p impl p)T impl (p excl p)T    (3)

Où T (pour tiers inclus) représente pour Lupasco cet état énergétique ni actuel ni potentiel, à mi-chemin entre A et P ; état dans lequel chaque élément énergétique, p ou non-p, se trouve nécessairement en passant de l’état  A à P ou de l’état P à A.

Cette expression peut donc se lire alors : si p n’est ni actuel ni potentiel alors non-p n’est ni potentiel ni actuel.

Ces trois expressions, lupasco les introduit différemment de l’approche précédente par l’évidence expérimentale que ‘’ à tout phénomène ou élément ou événement logique quelconque, et donc au jugement qui le pense, à la proposition qui l’exprime, au signe qui le symbolise, (p impl p), par exemple, doit toujours être associé, structurellement et fonctionnellement, un anti-phénomène ou anti-élément ou anti-événement logique, et donc un jugement, une proposition, un signe contradictoire (p excl p) ; et de telle sorte que (p impl p) ou (p excl p) ne peut jamais qu’être potentialisé par l’actualisation de (p excl p) ou (p impl p)’’. 4

Nous pouvons d’ores et déjà remarquer que dans l’expression (1) nous retrouvons le principe d’identité de la logique classique, mais cette fois- ci relativisé. En effet pour le retrouver dans toute sa dimension il faudrait que l’actualisation soit infinie, ce que le postulat fondamental de la logique de l’énergie de Lupasco n’autorise pas.

A suivre…

Notes

1-                    Stéphane Lupasco, Le principe d’antagonisme et la logique de l’énergie, Ed Du Rocher 1987, p 10

2-                    Stéphane Lupasco, L’énergie et la matière psychique, Ed Du Rocher 1987, p 300

3-                    Ibid

4-                    Stéphane Lupasco, Le principe d’antagonisme et la logique de l’énergie, Ed Du Rocher 1987, p 9

Posté par gigugu à 17:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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